Bénureau : rencontre avec un vrai gentil
Bénureau : gentil, mails pas trop quand même
Grand
spécialiste des crétins de haut vol, des méchants de catégories 5
étoiles, des imbéciles grand teint, garanti indélébile… Didier Bénureau
doit vivre dans un monde à peu prés quotidien, comme tout le monde,
quoi. A la petite différence près que lui, il observe, il mémorise, il
détecte. Et après une maturation dont il a le secret, il ressert tout
ça sur scène avec une pêche bien communicative. Il nous a parlé de ces
« bobos » qui sont en ce moment ces cibles préférées…
Il
garde un souvenir plutôt sympathique de Saint-Etienne. D’une époque,
disons ancienne, où il était venu jouer avec Muriel Robin, artiste du
crû, une pièce qui laissait entrevoir pour l’un comme pour l’autre, des
parcours plutôt orientés vers la scène humo- ristique. « Maman » ou «
Donne-moi ton linge, je fais une machine… » annonçait la couleur.
Depuis, avec quelques escapades au ci- néma ou à la télé, il a décroché
le prix il a construit toute une galerie de personna- ges qui ont
quelques points communs : « On va dire que je suis un gentil qui se moque gentiment des méchants et de la bêtise ».
Ses « victimes » préférées, celles qui donnent de belles couleurs aux
portraits qu’il brosse : les gros « cas », les bien abrutis, bien
graves, qui réfléchissent vraiment quand ils n’ont absolu- ment rien
d’autre à faire, et surtout, surtout, qui ont comme centre d’intérêt
principal (si- non exclusif) leur propre personne. Effectivement, rien
de véritablement mé- chant, dans ses textes, que l’on devine tra-
vaillés, peaufinés, touchés et retouchés… Des portraits, bruts souvent,
profonds, bien vus (mais c’est son métier après tout...) qui poussent
quelquefois très loin le bouchon.
On devrait pourvoir entendre
lors de la pres- tation de Didier Bénureau à Saint-Etienne
l’ultra-connu sketch de la belle-mère. Une insupportable pauvresse,
horripilante à souhait, mais qu’on pourrait presque pren- dre en pitié,
tant en on la sent rongée de solitude, de manque d’amour, d’incapacité
à s’ouvrir un tant soit peu aux autres.
Attention, bobo…
Le spectacle avec lequel Bénureau viendra donc à Saint-Etienne, pour
le Festival des arts burles- ques porte un nom bien clair, qui ne
laisse guère de doute sur les « victimes » visées. Dans « Bobo », on
retrouve bien sûr la « patte » de l’auteur de l’assez irrésistible
hommage à Moralès (celui qui voulait voir du pays et qui se retrouva
tout éparpillé…). On le retrouve côté chanson dans une parodie
quasi-plus vraie que nature d’un Vincent D., chanteur emblématique
d’une géné- ration typiquement « bobo ».
« Je ne me moque pas
de la personne, je me moque d’une forme de chanson que je trouve
prétentieuse, à laquelle manquent cruellement quelques références… Et
ce ne sont pas quel- ques pauvres citations qui font illusion… » nous explique Didier Bénureau.
De
même que lorsqu’il se « paye » une grande bourgeoise du XVIIe qui se
lance dans des conseils ou presque à l’intention de peuples n’ayant,
mon bon monsieur, pas la moindre notion de diététique, ce n’est pas la
personne qu’il vise, c’est, disons-le, la connerie qui ne cherche même
plus à se ca- cher dans le discours qu’elle profère… Ces personnages
peuvent mettre plusieurs moins à « naître », à trouver leur véritable
voix.
On imagine que c’est le cas de cet évêque bel- ge, dont le parcours de vie est, disons, pour le moins peu commun… A découvrir !
Alain Le Tirilly
LEGENDE ET CREDIT PHOTO
« Un gentil qui s’amuse à se moquer des méchants, mais sans méchanceté ! »
Credit photo : Crapule
# Pratique
Spectacle le mardi 26 février à
20h30 au Centre des congrès
Tarif : 22 euros, réduit : 17 euros
# Site
Centre des congrès
04 77 46 31 66