Lavilliers au Zénith / interview
Soirées d'inauguration de la nouvelle salle
Zénith : le Stéphanois chez soi
Lavilliers au Zénith de Saint-Etienne : le rendez-vous était attendu, autant par l’artiste que par le public stéphanois… Une belle rencontre, dans un tout nouvel écrin.
Après la soirée Dub Inc, la toute nouvelle salle stéphanoise s’est toute entière offerte à Bernard Lavilliers. Une halte « au pays » pour le Stéphanois, en pleine tournée, dans le sillage de son album « Samedi soir à Beyrouth ».
Une belle occasion pour lui de venir saluer l’initiative, le pari, que représente ce Zénith tout neuf. Et de goûter sans vergogne le vif plaisir de voir Saint-Etienne passer devant Lyon, pour l’occasion…
Ravi d’étrenner « l’un des plus beaux Zénith de France », lui qui les a tous accrochés à son palmarès, comme il nous l’a expliqué à quelques jours de son passage ici (voir ci-dessous, interview), Bernard Lavilliers était l’autre soir… comme en famille. Une grande famille.
Une soirée de complicité, bien sûr. Avec les Gagadilo, auxquels il a offert une première partie en toute liberté. Une chance en or que les Stéphanois ont saisie haut la main.
Une soirée de partage, avec une version à deux voix, avec Michaël Furnon, d’un « Saint-Etienne » plein d’émotion, là encore, dans un esprit de complicité, de simplicité, de fraternité.
Une soirée vivante, avec un artiste de chair et de sang, un cœur et, surtout, des rêves à achever. Le Zénith ne devrait être là que pour des gens de cette trempe…
Bernard Lavilliers :
« La passion des mélanges »
Incontournable, indispensable… : l’interview de Bernard Lavilliers, à quelques jours de son passage au Zénith stéphanois était pour nous une évidence. De retour de Beyrouth, où il a pu, enfin, chanter, entre deux avions, il nous a dit à quel point il attendait, lui aussi, ce rendez-vous dans « sa » ville.
Il rentrait de Beyrouth. Après un concert qui s’est déroulé devant une salle comble, un dimanche. A deux doigts donc du « Samedi soir à Beyrouth », titre de l’album sorti en début d’année. Bernard Lavilliers est fier de cette soirée, qui a dû être reportée plusieurs fois, du fait des évènements tragiques qui ont traversé le pays et la ville, qu’il décrit comme une femme « drôle et désespérée », « céleste » et « foudroyée ».
« C’était un projet qui me tenait vraiment à cœur, d’aller chanter là-bas. Un pari un peu gonflé, peut-être, avec une chanson écrite sur une ville si particulière, devant ceux qui l’habitent… J’ai été très touché de l’accueil, d’autant que pour certains, en cette période de fin de ramadan ce n’était pas forcément facile de venir assister à un concert ».
Maillage « soul et reggae »
Quand on lui demande ce qu’il pense des retours qu’il perçoit sur la « texture » soul/reggae de son dernier album, il se dit satisfait «d’avoir évolué, toujours passionné de reggae, bien sûr, avec des apports, des mélanges du côté de la rythmique, avec des inspirations directes de Memphis et Kingston… Je suis très heureux qu’aujourd’hui, des jeunes me découvrent, ou me re-découvrent, grâce à ces mélanges ! » explique-t-il. « Tout cela est vraiment fait d’abord pour la scène… »
Quant au concert de ce 13 octobre au Zénith, Bernard Lavilliers ne cache pas qu’il est heureux de ce rendez-vous. « Avec cette tournée, j’aurais fait tous les Zénith de France. Avec ceux de Nantes et Clermont-Ferrand, celui de Saint-Etienne est vraiment l’un des plus performants ». Et, tout esprit malicieux mis à part, il ne cache pas qu’il est assez amusé de ce que « les Lyonnais aient un train de retard »…
« On manquait vraiment de salle à Saint-Etienne. Si la programmation est bonne, c’est une vraie belle chance pour la ville ». Une ville, avec laquelle il garde des attaches solides, notamment familiales, et qu’il a vu évoluer à grands pas. « Je ne viens pas très souvent, bien sûr, mais je reste très proche de ce qui se passe ici » assure-t-il. « On n’est pas d’un pays, on n’est d’une ville », n’est-ce pas ?
Fidèle
Toujours allergique à de (rares) styles, mais ayant « quasiment touché à tout, électro comprise », Bernard Lavilliers confirme sa passion pour le reggae et pour les mélanges, « dont on n’est rarement déçus ». Un point de vue qu’il partage avec son ami Peter Gabriel. Petite nuance quand même : « la world music c’est autre chose que simplement ajouter des machines sur des airs traditionnels… il faut que ce soit le résultat de chois artisitiques, pas uniquement du processus, fait pas des producteurs qui veulent monter des coups… »
Dans la droite ligne de son goût pour les « aventures artistiques », Bernard Lavilliers a choisi d’inviter pour sa première partie la formation stéphanoise Gaga Dilo. Un coup de main « absolument nécessaire pour moi ! » dit-il. Je les présenterai, je serai avec eux ». Comme en famille, à la maison… Une assez grande maison, en l’occurrence !
Recueilli par Alain Le Tirilly
# Pratique
13 octobre à 20h
38 euros
LEGENDE ET CREDITS PHOTOS
De Beyrouth à Saint-Etienne : retour aux sources sans nostalgie
Crédit photo : Peverelli presse et DR