Opéra de Saint-Etienne : départ de Jean-Louis Pichon
E finita la commedia ?
Nouvelle feuille de route
pour l’Opéra-Théâtre : Jean-Louis Pichon poussé vers la sortie
Le départ de Jean-Louis Pichon, dès la fin de l’année est une nouvelle qui n’en est presque pas une. La remise à plat des missions de l’établissement à la tête duquel il se trouvait depuis plus de vingt ans était annoncée depuis les élections municipales. Elle est en route.
Lors de la conférence de presse qui s’est tenue la semaine dernière à la mairie, aux côtés de Maurice Vincent et de Françoise Gourbeyre, adjointe à la culture, siègeaient à la tribune Jean-Louis Pichon, directeur de l’Opéra-Théâtre et Francis Corbier, directeur général adjoint des services culturels de la ville.
Les propos liminaires du maire puis de son adjoint avaient pour principal objectif de préciser, qu’après une phase de consultation et de réflexion, « le moment était venu d’arrêter notre politique ».
L’une comme l’autre se sont voulus particulièrement rassurants : les missions de l’établissement « pilote » de la ville vont être confirmées : « l’Opéra-Théâtre constitue un axe fort du rayonnement de la cité » a expliqué Maurice Vincent.
Françoise Gourbeyre a ensuite précisé que le souhait de la nouvelle municipalité était « d’ouvrir plus l’établissement à la danse, au théâtre, aux jeunes publics ». Elle a souhaité que « toutes les ressources internes prennent mieux en compte les attentes des acteurs du territoire », en s’ouvrant plus nettement aux troupes dites « émergentes », qui peinent à trouver à Saint-Etienne les espaces de travail dont elles ont besoin.
« Aller au contact de nouveaux publics »
Ce n’est un secret pour personne, depuis bien avant les élections municipales, l’équipe de Maurice Vincent veut rendre accessible la culture au plus grand nombre. Dans le panel des futures missions assignées à l’Opéra-Théâtre tel qu’il va fonctionner après « l’ère Pichon » figurent, logiquement donc, « un dynamisme renforcé dans la conquête de nouveaux publics », le « développement de petites formes », une plus grande « décentralisation » des spectacles, la mise à disposition des locaux dans le cadre du soutien de compagnies locales…
L’ équipe municipale n’oublie pas pour autant le fort atout que représente pour la ville le rayonnement national, européen et mondial du site : « L’accueil de metteurs en scène de grande renommée doit rester un priorité pour l’Opéra-Théâtre ».
On aura noté au passage que la dénomination du lieu reste la même, que le lyrique y a toujours sa place. La structure, qui est toujours directement gérée par la ville (une exception dans le paysage national…) est amenée à devenir au 1er janvier 2010 un EPCC (établissement public de coopération culturelle) ce qui permettra à la fois à la ville de ne plus être bailleur de fonds quasi exclusif, et à la future entité de pouvoir s’appuyer sur des partenariats variés.
« Fier du bilan »
Conduit au terme de son contrat à la fin de l’année, Jean-Louis Pichon a tenu a précisé que son départ et les négociations afférentes s’étaient déroulés « dans les meilleures conditions ». Il a rappelé la relation de proximité qui le lie de longue date au premier magistrat de la ville, puis il a donné quelques repères sur ses années à la tête de l’Opéra-Théâtre. « Je pars sans honte ! » a-t-il dit : l’opéra stéphanois compte aujourd’hui plus de 10.000 abonnés (1200 quand il a pris ses fonctions…). Il place au 2e rang national en termes d’abonnements et au 4e rang pour ce qui est de la fréquentation.
Au 1er janvier prochain Jean-Louis Pichon ne sera plus directeur, mais il assurera, « comme prévu », la mise en scène de « Thaïs » (programmée les 20, 23 et 25 janvier).
« Pas au rabais »
Quant aux prochaines saisons, Maurice Vincent et Françoise Gourbeyre ont bien insisté sur le fait qu’il ne s’agirait pas de programmation « au rabais ». Les dates pour 2009-2010 sont pour la plupart acquise, comme c’est la règle pour des spectacles aussi « lourds » à organiser…
D’ici l’arrivée du successeur du directeur partant, qui devrait être ; selon les vœux de tous « une pointure », c’est une direction collégiale qui assurera l’intérim. Elle sera composée des actuels responsables de secteur, en particulier d’Eric de la Naulte, actuel directeur adjoint, et de Laurent Campellone, directeur musical.
Les équipes techniques, les personnels des ateliers (costumes, décors…) qui font la fierté de l’opéra stéphanois (l’un des rares en France à disposer en interne de tels moyens) et les nombreux intermittents mis régulièrement à contribution attendent de voir ce que l’avenir leur réserve. Côté budget, Maurice Vincent a bien précisé que le montant des subsides (8,5 millions d’euros, soit sept fois moins que ce que reçoit l’opéra de Lyon) serait « préservé ».
Alain Le Tirilly
CREDIT PHOTO : Opéra-Théâtre de Saint-Etienne