Danse : création de la Cie Treatri del vento : interview de Gaetano Battezzato
Création de fin de résidence de la Cie Teatri del vento à l’Opéra-Théâtre de Saint-Etienne
Hanami : ultime création
en forme de bouquet final
Ce spectacle de fin de résidence se veut léger. LA Cie « Teatri del vento » met un point d’orgue à quatre années de travail à l’Opéra-Théâtre. Avec « Hanami », le nom d’une coutume festive japonaise, Gaetano Battezato veut de l’émotion pure. Aucun message, si ce n’est celui des corps en mouvement de ses danseurs… Rencontre, à quelque jour de la création.
« La danse est comme une fleur, dont le parfum subtil et la fragilité nous rappellent que l’homme lui-même est un être éphémère » explique le chorégraphe. Gaetano Battezato nourrit depuis plus d’une quinzaine d’années une passion discrète pour les cultures orientales. « Jusque là, peut-être, cela ne s’est pas forcément vu dans mon travail » admet-il. Mais pour ce spectacle, le dernier des quatre années de résidence que sa compagnie a vécues à Saint-Etienne, le lien est bien clair. Avec « Hanami », fête de la floraison des cerisiers, c’est un rendez-vous assez inattendu qu’il propose, en plein cœur du mois de décembre.
« Il s’agit de plusieurs solos » explique-t-il. « Nous sommes quatre danseurs, mais le premier volet – le solo qu’il danse lui-même – sera presque invisible… puisqu’il va commencer alors que les spectateurs seront en train de s’installer… »
« Pour cette création, je voulais partir de la technique propre de chacun des solistes, travailler avec eux sur le mouvement, la dynamique. L’inspiration de cette fête très courue au Japon, autour des fleurs m’a plu » poursuit-il. « J’avais envie d’un spectacle qui ne soit PAS politique, qui ne parle ni de la vie des banlieues ni de la guerre en Irak… Juste un moment qui donne à voir des artistes qui dansent, qui vivent». Pour le chorégraphe, l’actualité et ses drames sont des « accidents », que la vie et la nature surmontent, toujours. « Vivons ! » : voilà en toute simplicité le seul message qu’il demande à ses danseurs, Marie-Zénobie Harlay, Steven Berg et Jan Jamrich, de porter avec lui…
« Rien d’intellectuel »
« Mon seul souci est de proposer, le temps d’une soirée, au spectateur de trouver un lien avec lui-même » résume Gaetano Battezato. Intimiste donc, léger, discret : « Hanami » tranche franchement avec de précédentes créations, au cœur desquelles résidait une forme de violence crûe.
Ici, on est plutôt dans l’invitation à la contemplation, avec ces solos qu’émaillent quelques surprises, avec des objets de transition qui font l’unité du spectacle.
Côté musique, le chorégraphe fait une nouvelle fois appel à Olivier Mutschler (aka Mush), au Canadien John Oswald, à John Cage, ou à Morton Feldman. Des partitions pas forcément toujours facile d’accès… « Je suis vraiment adepte des « musiques du silence » glisse le chorégraphe.
Un goût pour l’épuré qui laisse une grande liberté aux danseurs, et surtout, une grande liberté au spectateur pour aller à sa propre rencontre… Les occasions ne sont pas si fréquentes !
Alain Le Tirilly
# Pratique
Lundi 15 et mardi 16 décembre à 20 h
21,80 euros ; réduit : 18,80 euros
# Site
Opéra-Théatre
Jardin des plantes
Saint-Etienne
04 77 47 83 40
LEGENDE
Subtilité, finesse, épure… pas d’autre message que celui de vivre !